La culture islandaise
Múm
Si les membres de Múm aiment à se définirent comme des jeunes ordinaires issus de la classe moyenne d'Islande, ils ne forment pas moins que l'un des groupes les plus intéressants de la scène electronica de ce petit pays nordique.
Pendant leurs jeunesses, les membres de Múm faisaient déjà de la musique. Les deux garçons (Gunnar Örn Tynes et Örvar Åóreyjarson Smárason) bidouillaient des tracks hardcore et autre blips expérimentaux sur leurs ordinateurs respectifs, tandis que les deux filles du groupe (Kristín Anna et Gya Valt*sdóttir, des sœurs jumelles) étudiaient sagement le piano classique.
C'est de la rencontre de ces profils pour le moins différents que naît Múm, en 1999. Faire part de naissance: leur premier album Yesterday Was Dramatic, Today Is Ok. Nous sommes en 2000 et l'Islande puis l'Angleterre succombent au charme de ce premier disque. Tous les grands magazines musicaux l'acclament, et le journal islandais Undirtonar élit morceau de l'année leur chanson The Ballad Of The Birdie Broken Records.
Surfant sur ce succès, leur label sort en 2001 un album de remixes, Múm:Remixed, où les morceaux du groupe sont retravaillés par des artistes tels que µ-Zik, Biogen ou Traktor. Le label allemand Morr Music sortira aussi un album de remixes la même année. Intitulé Please Smile My Noise Bleed, ce disque contient, outre des remixes signés Isan ou B. Fleischmann, trois morceaux inédits des islandais.
Mais il a fallu attendre 2002 pour entendre un nouvel album complet. Finally We Are No One marque alors le grand retour du groupe, en pleine forme. Seul ombre au tableau: Gya envisagerait de quitter le groupe pour reprendre ses études à l'Académie des Arts d'Islande. A suivre...
Album conseillé
Titre de l'album : Finally we are no one
Date de publication : 21 mai 2002
Chronique : Moins provocante et démonstrative que les envolées de Björk et moins lyrique que celle de Sigùr Ros, la musique de Múm porte en elle la même dose de mystère et de secret.
Il y a deux ans, le quatuor de Reykjavik avait déjà troublé les esprits avec un premier disque peuplé de chansons miniatures décalées, hors des genres, des bruitages exotiques et des instruments atypiques. Gya, Kristin, Örvar et Gunnar récidivent avec une nouvelle collection de petites structures fragiles, construites sur une ossature électronique et animés de petites mises en scènes harmoniques.
Dans ce petit théâtre de porcelaine musicale, mélotrons, mini-piano, vibraphones, melodicas, glockenspiels et guitares mènent la danse avec malice et créent un terrain de jeu idéal aux voix cristallines et érotiques des deux chanteuses.
Oniriques, empreintes d’un psychédélisme rafraîchissant et d’une mélancolie sobre, les chansons de Múm naissent loin des conventions, dans une inspiration électroacoustique, vierge de codes, de lois, de genres. Bande-son du lointain !
+ Site de fans sur Múm (en)

